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Petit texte :
Il plonge dans ses pensées, il s'enferme dans une réalité. Et il commence à marcher vers les hommes d'en face. Sans se demander qui a dormi dans ses draps la nuit d'avant. Face à face avec le canon, les balles l'évite, elles le fuient, sans lui demander où il a dormi la nuit d'avant. il leur cour après, c'est la suite de mon rêve, d'une espérance sans espoir, d'une demande sans but. Il ne lui a pas suffit de lever la tête et les yeux vers le ciel pour que brûle ses pensées. Faces aux rayons d'une lumière oppressante, et qui pèse sur sa conscience. Il ne lui a pas suffit d'abandonner les rêves pour s'apercevoir que tout se dérobait sous son pas, lent, et sans chemin à arpenter. L'enfant marche seul face aux hommes d'en face. Petit gavroche ne retombera pas, les balles ne le violeront plus, elles ne transperceront plus sa peau déjà trop marquée par les épreuves de sa vie. Les genoux a vif, le front écorché, les yeux brûlés, les ongles arrachés, il ne s'est jamais courbé pour ces hommes là. Son cercueil l'attend pourtant. Et c'est pour mieux ne pas se relever, qu'il s'y est enfermé. L'enfant dénudé ne se fera plus jamais casser. La balle dans le canon, le canon contre la tempe, le doigt sur la gâchette, il s'enterre lui même. La détente fait se retendre son corps au milieu du néant, face aux visages masqués de ces hommes d'en face, sans couleur. L'image est en noir et blanc, seul le rouge qui s'échappe du coffre charnel anime l'action. Alors il replonge dans ses pensées, redécouvrant une autre réalité. Plus personne ne dormira dans ses draps maintenant. Plus personne ne lui demandera où il a dormi la nuit d'avant, car seul face au néant il n'avance plus. C'est la fin de mon rêve, les hommes d'en face ont retrouvé son corps, recroquevillé, frigorifié contre une plaque de marbre noire. Rien ne laissant penser a un acte prémédité ou spontané. Juste l'enfant, écorché, le canon dans les mains, le visage a demi effacé, un sourire au coin de ses lèvres abandonnées. Juste un enfant de plus que les hommes d'en face ont emportés.
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