
Il était une toute première fois, dans un monde que personne ne connaît, l'histoire d'une vie, l'histoire d'un garçon qui ne voulait pas devenir ce qu'on appelle un homme. Cette courte tranche de vie, similaire à l'histoire de Peter, est toutefois différente. Ce n'était pas la peur de vieillir qui l'animait, mais plutôt celle de ne pas avoir le destin qu'il voulait, la peur de finalement ne pas être quelqu'un. Il avait grandi comme beaucoup d'enfant, dans la joie, la simplicité, dans un monde isolé où seul les enfants savent se cacher. Les lendemains ne lui faisaient pas peur, car il savait bien qu'il aurait toujours un jeu dans lequel se réfugier. Mais un jour, plus de jeu, plus de monde, seul la trace de quelques rêves inachevés, seul quelques images lointaines lui revenant en mémoire, juste un passé. Sans avenir, un présent incertain, il ne savait plus où se blottir. Les étoiles dans ses yeux avaient fait place aux gazs d'échappements, à la réalité. Mais toujours nul part où se diriger, pas dans la religion, ni dans la politique, pas dans le pouvoir, l'économie. Il ne voulait pas ressembler au monde qui l'attendait. Il voulait seulement ne pas quitter le monde qui venait de lui échapper. Ce monde enfantin, rempli de monstres, de forêt magique et d'argent gratuit. Un rêve et pas une utopie. Plus les jours passaient, et plus il se voyait changer, supportant de moins en moins la personne qu'il devenait il osait à peine se regarder dans un miroir, ni même dans le reflet d'une cuiller. Se demandant si c'est bien la cuiller reflétant son image, et non lui reflétant l'image de la cuiller. Plus les nuit passaient, et plus il se haïssait. Son monde lui échappait, il avait beau l'accrocher, se le coudre au bord des lèvres, rien n'y faisait. La vie suivait son court et semblait l'avoir laisser de côté, peut être pour plus tard, peut être pour jamais. Après tout, peu de gens ont vraiment une vie utile, peu de gens remplissent une fonction, pensait-il. Alors il passait ses journées à attendre, attendre un signe, attendre que le temps passe, attendre tout simplement que la vie soit moins pénible pour se réveiller. Et il replongea dans ses rêves, dans un monde isolé, différent de celui qu'il visitait étant enfant. Ce monde était sans réelle joie, mais plus heureux que la réalité, fait de fées -parfois blanches- de ciel sans nuage, d'une brise légère, de musique, parfois même de sourires. On dit qu'à l'heure qu'il est, il vend son corps pour acheter son rêve, même si ce n'est que pour rêver quelques heures. Car chaque minute de ces rêves paraissent des éternités, chacune plus belle que n'importe quelle réalité. Voici l'histoire d'un rêveur, qui par ses pensées voulait changer l'humanité, devenir quelqu'un d'utile et d'aimer, d'un garçon qui ne devait sans doute jamais mériter l'ambition de devenir quelqu'un.