Sache, enfant, que les femmes et hommes de ce pays ne siaient guère en leur avantage,
une armada des plus provonde.
Ô bois cette liqueur
infâme en mon hymen
que par l'aspirateur
punisse la rangaine
Je voudrais pour tes yeux
mourir en la seconde
et qu'unisse mon dieu
les morts zet les colombes
(il faut faire la liaison c'est très zimportant)
Mais qu'importe l'offrande
qu'importe les misères
j'ai tué la vache normande
regardons zen arrière
Pour plus de cornichons
j'aurais violé joël
mais pour le robuchon
on attendra noël
Et face à mon aimante
je souris zune fois
pour ma belle dormante
cueuillie au creux des bois
Il eu fut plus subtile
je crois bien d'effacer
de ma mémoire futile
tous ces mots délavés
qu'une main malhabile
une main de drogué
écrit sans stylo bille
un soir trop penfumé

En-core, en-core ! [scandait la foule en émoi]
Au milieu de la marée humaine une petite fille se tenait sur la pointe de ses pieds, s'accrochant tant bien que mal pour ne pas chavirer parmi les corps enflammés de ses congénères. Muette, elle ne participait pas à la manifestation de bonheur total de ses concitoyens. Ses yeux étaient rivés sur le Jésus poète qui se tenait au balcon tel un pape saluant la foule et qui déclamait sa noble prose. Elle ne prêtait guère attention à ce qu'il disait, mais la petite musique semblait l'atteindre directement, entrant dans sa petite caboche et jouant à rebondir en elle. Quand il marquait des pauses elle arrêtait de respirer, suspendue, puis le flot verbal reprenait et elle repartait. Le rythme était régulier mais joueur, ponctué de liaisons dynamiques. Elle avait l'impression de danser un tango, son pied se posant à chaque vers, tapant le sol pour marquer les intonations. Sa petite bouche de petite muette souriait bien malgré elle quand elle entendait l'improbable cotoyer le lyrique. Elle se foutait bien du sens, pourtant. Au bout d'un moment, elle n'aurait su dire quand, le prophète descendit de son estrade et se dirigea vers le palais royal, emportant la foule dans son sillage vers une révolution onirique.
Quand la quasi-totalité de la foule s'en fut allé suivre le cortège, elle se remit en marche, timidement, rejoindre ce qui lui servait de maison, les oreilles résonnant d'une rengaine de vaches normande aimantes, de cornichons de Noêl et de colombes enfumées, rêveuse.
Faut pas croire !